Jeudi 19 novembre 2009

Exceptionnellement, notre blog reçoit la participation de trois éminents spécialistes du GF38, afin de parler avec le Dr Georges Cloonesque -par ailleurs animateur d'un blog alpin sur un site de foot et d'eau fraîche- de cette équipe merveilleuse pétrie de talent. Mais surtout de lose. Pour vous donc, le Gratin dauphinois va vous conter l'effectif du GF38. Merci à Chrétien des Alpes, smells like green spirit et à un marseillais angora.

 

Perdu au milieu des alpages, regardons par la lunette cette petite bourgade engoncée dans sa cuvette de montagnes et son anorak. Oui, baignant dans une douce lumière à peine voilée par une chape de pollution que ne renieraient pas certains bars avant l’interdiction de fumer, apparaît alors celle qui fut ville olympique : Grenoble. Patrie du gratin, de la noix et de la Chartreuse, il tombait sous le sens que ces trois grands principes aller se retrouver dans l’équipe fanion de la ville, le Grenoble Foot 38, ou plus communément le GF38 voire le GF (ou plus récemment « ces putains de brêles ») : le gratin des joueurs à la noix qu’on ne peut supporter voir jouer que sous l’emprise de la Chartreuse justement. Et cette année, le supporter malheureux (ou abonné, ce qui revient au même) peut rêver d’une empreinte que laissera le GF38 à jamais dans l’histoire de la L1, voire sur l’Europe. En ce sens, annoncer l’Europe en 2014 était sans doute trop pessimiste, on risque de l’avoir cette année l’Europe. D’ailleurs, depuis le début de la saison, on se rapproche de cette victoire inéluctable : c’est le final countdown. Cette sympathique équipe, dont le doux surnom de « Nancy des Alpes » voire des ch’tisérois, qui ronronne avec sa nouvelle maxime « ensemble gagnons les sommiers », mérite que nous portions notre attention sur les différentes personnes qui composent cette équipe. Au vu de la saison grenobloise, nous avons décidé de vous présenter certains joueurs de l’équipe sous un angle improbable et foutraque. Parce que c’est moins douloureux.

 

 

Commençons par l’entraîneur

A tout saigneur, tout honneur, nous allons débuter par le coach qui nous a fait monter en L1 il y a deux ans maintenant. Ah Mecha (son surnom officiel), ses changements parfois tardifs, des coachings étranges, des joueurs fantomatiques laissés sur le terrain, cette volonté de ne jamais jouer avec moins de deux milieurs défensifs. Vous voyez à qui nous pensons ? Oui, Mecha, c’est Raymond DoMemet en version slave. Bon même si cette année il est possible de voir l’équipe jouer avec un seul milieu défensif. Surtout quand David J. décide que bon un match c’est trop long, et préfère rentrer se doucher avant les autres.

 

 

Oui c’est ça Mecha, la joue gauche après la droite.

 

 

 

Les consignes du coach ont été respectées contre Rennes.

 

 

 

Non mais tu as eu des attaq…Hein ?! Moreira ??!!

 

 

Défense de rire

 

On le sait, on nous le répète, le GF était une équipe dure à jouer, qui vous rentrait dedans, avec un impact physique assez marquant et une moule incroyable, il faut bien l’avouer. Bref une équipe de morts de faim, sévèrement burnée. C’est par cette subtile transition qu’on peut alors vous introduire Laurent Courtois (1), alias PornStar. Ce gaucher déniché à Levante (et contre qui le GF ne veut jouer aucune rencontre amicale, même dans ses plus noirs désirs, car même à 8 contre 11, Levante l’emportera) est un des seuls créateurs de l’équipe, capable d’enfoncer les défenses mais avec la fâcheuse tendance à ne balancer la purée qu’après 12738273109 crochets et autres coups de rein inutiles. Pourquoi Pornstar ? Sans doute du fait de certaines similitudes avec un ancien membre de Boyzband qui s’est reconverti dans cette lucrative activité. En fouillant un peu plus ses archives personnelles, nous avons réussi à trouver son artiste préférée – Marianne Facefull – et un vieux DVD de Clint Eastooche (Gland Torino). Finalement ce surnom n’était pas si mal trouvé.


 

 

Ah ouais Claude, respect mec !

 

 

Et mettre des coups, ce n’est pas que l’apanage de PornStar. Un certain David J. est réputé pour cela (il a déjà à son actif deux cartons rouges en 4 matchs), en plus d’être connu pour son sens du placement aléatoire, sa grinta inexistante, et sa vitesse de lombric. Voyons un peu à quoi ressemble au niveau visagial le faciès d’un assassin de chevilles.


 

 

Oui, normalement il y a ma carrière derrière moi, mais j’ai préféré y jeter un voile pudique.

 

 

 

Oui, sur un terrain, je fais tout à l’envers. Même m’habiller.

 

Et ce genre de grabataire sanguinaire n’agit pas seul, non, planquez vos enfants. Car deux autres énergumènes sévissent dans le vestiaire grenoblois : Milivoje Vitakic et Bojtsan Cesar, tout deux présidents d’honneur du fan club de Charlélie Couture. Et pour cause. Capable d’impressionner les attaquants adverses par des tacles tirés des plus grands succès de Chuck Norris, ces derniers se mettent à lancer des appels aux sutures avant même que les tacles ne touchent leur carotide. Oui mais le foot est un sport viril. Et les matchs de L1 en sont un révélateur, parfois cruel pour Mr Benoît P, meneur de jeu à Auxerre comme l’a fait remarquer élégamment Mr Nicollin. Bref, pour résumer ces trois lascars, une citation de Chuck Norris semblent assez adéquate : « Moi, je mets les pieds où je veux. Et c’est souvent dans la gueule ». Place au trombinoscope maintenant.

 


 

Ouais je fais du break. Mais sur tes jambes.

 

 

Ah joli geste défonsif Botsjan, j’ai encore du boulot pour y arriver.

 

 

 

Mais dans cette clique de brutes épaisses, il est une fleur qui pousse, un îlot de douceur et d’interventions propres : Sandy Paillot, ou Saaaaaannnnnnddddddddddddddyyyyyyy pour les intimes. Il est à la fois ce qui nous différencie et ce qui nous fait ressembler aux lyonnais : on n’a pas la même passion, mais on a le même Paillot. Ne pas mettre Sandy sur le terrain, c’est un crime de lèse-majesté. Y foutre Jemmali, c’est un crime d’alèse-majesté.

 

Exclusif : la chambre de Jeanroucas

 

 

(1) Oui, PornStar en défense, ça fait deux matchs qu’il y joue, et vu que Jemmali refait des siennes, on devrait l’y revoir.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Pr Nico Lestairol & Dr Georges Cloonesque - Publié dans : Les lubies franches
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Mardi 17 novembre 2009














En exclusivité pour nos lecteurs, à quelques jours du choc OM-PSG deux joueurs majeurs des effectifs marseillais et parisiens se sont prêtés au jeu de l’interview croisée. Un moment de sincérité rare en pleine préparation de ce duel fratricide devenu bien trop aseptisé. Accrochez-vous, la guerre des nerfs a commencé :


Nom 

Grégory BOURILLON

Age 

25 ans selon la police, 12 selon les psychiatres

Surnoms 

Boubou, Riri, Mourillon, Nelson Piquet Jr
Palmarés

Champion de France de Pokemon Stadium 2 sur XBOX 360 en 2004

Vainqueur du Grand Concours Choco-Krispies 2003 (à gagner : un Week-End en famille à Center Parcs)

Aucune fille à son palmarès, il est toujours puceau


                                                                

Nom 

BRANDAO

Age 

Né orphelin, élevé dans la jungle amazonienne par des piranhas, on ignore son âge

Surnoms

 l’Animal, Rambo, le Boucher-Charcutier du Mato Grosso

Palmarès

Anéantissement de la 8ème DB d’infanterie de l’Armée Rouge à Mazar-é-Sharif en 1985

Massacre de trois régiments de Vietcongs à Hanoï en 1972

Désintégration de deux Panzerdivisions et six Messerchmidts B109 à Bastogne en 1943

A assisté Jack Bauer dans la saison 3 de 24 Heures chrono








Bonjour Messieurs. Tout d’abord, comment sentez-vous le match de vendredi ?

Grégory Bourillon : Ca se présente bien, au Vélodrome les siéges du banc des remplaçants sont rembourrés, je devrais pas trop avoir mal aux fesses. J’ai pris quelques BD aussi, pour pas m’ennuyer.

Brandao : Yé sens la odeur de chacal de sé parisião bolcheviques. Ils vont tous mourire.

 

Très bien… Racontez-nous, comment avez-vous commencé le football ?

Grégory Bourillon  : Ma maman m’a inscrit au club de foot de mon village quand j’avais 8 ans, elle disait que comme ça elle serait tranquille le mercredi après-midi pour prendre le café avec le facteur.

Brandao : Quand yé fésais la guerre aux narcotrafiquão en Amazonia, nous joué a shooté dans la téte dé nos énemis décapité. Yé m’amousais beaucou.

 

Votre meilleur souvenir ?

Grégory Bourillon  : Le concert de Bernard Minet à la salle des fêtes Chantal Goya de Saint-Jean de Mayenne. C’était trop top.

Brandao : Le arrivé au pouvoir de Augusto Pinochet o Chili en 1973. Oune grande momento.

 

Euuuh, non, dans un stade de football je voulais dire…

Grégory Bourillon  : Ah… euuuh, quand Bernard Minet a donné le coup d’envoi du match Saint-Jean de Mayenne – Alençon, le lendemain de son concert à la salle des fêtes Chantal Goya.

Brandao : Lé massacre do Estadio Nacional de Santiago de Chili en septembre 1973. Augusto Pinochet a fait payé lé prix dé leur trahisão à 40 000 communistos, c’été oune grande momento.


Ok, je vois… bon, et le pire moment ?

Grégory Bourillon  : La mort de Grégory Lemarchal, le vainqueur de la Star Academy en 2004. J’ai même acheté son best-of pour l’occasion, tellement j’étais triste.

Brandao : L’arrestatião de Augusto Pinochet à Londre én 1998.

 

En football !!

Grégory Bourillon  : Ah… le match PSG-Lyon, lors de la saison 2006-2007. C’était quelques jours après la mort de Grégory Lemarchal, c’était très dur.

Brandao : Lé match noul du Chili contro la RDA à la Copa do Mundo 1974. Salété de communisto

Bon, on va pas y’arriver là… alors, changeons de sujet si vous le voulez bien, quel club vous fais rêvez en Europe ?

Grégory Bourillon : Le FC Copenhague.

Brandao : Lé Hajduk Split.

 

Ah, voilà, parfait ça. Et pourquoi ?

Grégory Bourillon : Ils sont sponsorisés par Haribo.

Brandao : Ils sont anticommunistos.

 

D’accord, ok… on va enchaîner avec le match de vendredi je pense : à votre avis, quelle va être la clé de cette rencontre ?

Grégory Bourillon : Je pense que ce sera l’entraîneur adverse. Je sais pas pourquoi, mais comme les gens ils disent toujours qu’il faut prendre la clé Deschamps, je crois que ça va être lui.

Brandao : La clé ? Ma quél clé ? Yé vais défouncer lé cadenas dé leur défense et pui cé tout. Salopérie de parisião soviétiques.

 

On va pas s’éterniser donc, alors rapidement pour finir, si vous aviez un mot à dire à votre adversaire ?

Grégory Bourillon : Bulbizarre.

Brandao : M16 à culasse rotative é tir automatico.

 

 

 

Un grand merci à nos deux invités pour nous avoir fait partager avec eux ce tendre moment d’intimité. Rendez-vous prochainement sur notre blog pour de nouvelles exclusivités exclusives spéciales pour ce OM-PSG qui s’annonce d’ores et déjà palpitant comme jamais le fut un OM-PSG dans l’histoire des OM-PSG et de cette rivalité ancestrale entre ces deux clubs de l’OM et du PSG qui font vibrer les amateurs de football surtout les supporters de l’OM et du PSG (c’est bon Monsieur le Rédac’ Chef, je pense que j’ai bien insisté là sur le lancement du match OM-PSG).
Par Pr Nico Lestairol & Dr Georges Cloonesque - Publié dans : Dans la vaseuse ligne
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Lundi 16 novembre 2009

Oui s’il est une question que nombre d’entre vous se posent, c’est sans doute celle ayant un rapport avec les crémaillères. Car oui chers lecteurs avides de culture, pourquoi donc les gens s’évertuent à vouloir faire en sorte que leur crémaillère se démarque des autres ? Vaste sujet, mais ce n’est pas à cette interrogation que nous allons consacrer nos hémisphères irrigués d’une érudition sans égale. Non. Nous allons être magnani managn magni sympas et vous fournir de quoi marquer la mode de la crémaillère de votre empreinte, et cela en rapport avec votre personnalité et celles de vos amis.

 

L’amitié n’est pour vous qu’une façon de vous mettre en valeur : dès que l’on vous donne l’occasion de vous exprimer sur un sujet, vous faites en sorte de monopoliser la parole jusqu’à convaincre l’ensemble de l’auditoire, quitte à revenir avec 15 paraphrases sur un même argumentaire. Vos amis ne sont que des faire valoirs incapable de se mettre à votre hauteur. Votre ligne de conduite de vie est « l’enfer, c’est les autres », votre single préféré « la solitudine » et votre activité favorite l’onanisme. Alors ne cherchez pas plus loin, organisez votre crémaillère sur le modèle du meneur de jeu marseillais, faites une soirée à thème Benarfa.

 

Les gars, veuillez respecter mon espace vital, merci

 

 


Le plan de salle idéal : chacun dans son coin

 

 

 

Si pour vous l’amitié est basée sur la balance amour/haine avec des coups de sangs réguliers vous faisant dire (ou faire) les pires insanités à vos amis, pour ensuite mieux retomber dans les bras les uns et les autres. Vous aimez vous infliger en groupe les pires sévices (matchs de coupe de la ligue, focus sur Grégory B., Denis Balbir en dolby surround 5.1, abonnement au GF38). Votre disque de chevet est « hit me baby one more time » de Britney Spears et votre livre « l’arrache-cœur ». Vous adorez les tables basses et ne pas porter de pantoufles. Nous n’allons pas vous faire languir plus longtemps : calquez votre crémaillère sur la relation entre les médias et notre sélectionneur aux sourcils hypertrophiés. La soirée à thème Sassalope est faite pour vous !

 

 

Michel Platini n’a rien à envier à Max Mosley

 

 

Enfin vous avez un faible pour les interdits, la copine (ou le copain) de votre meilleur(e) amie(e), tout en feignant la surprise quand au lever du jour vous apprenez que votre partenaire n’était pas célibataire. Vous êtes un scientifique graveleux capable de justifier une partie de jambes en l’air par un « je suis comme la nature, j’ai horreur du vide alors je bouche les trous ». Vous avez la manie de vous planquer dans les placards une fois votre forfait réalisé. Bref vous êtes un acteur né (ou un footballeur raté). Votre lecteur K7 chuinte « si tu veux m’essayer » à la moindre occasion humaine qui se présente et votre joueur préféré Philip Cocu. Alors ne soyez pas stressé par l’organisation de votre sauterie. Proposez à vos amis une soirée à thème Arié(e) !

 

 

Le groupe préféré des cocus 

 

 

 

 

Pardon Mr Fred ? Oui quand l’entraîneur a dit qu’il allait me placardiser, je pensais que ce serait ici.

 


 


Par Pr Nico Lestairol & Dr Georges Cloonesque - Publié dans : Les huiles de jojobards
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Mercredi 11 novembre 2009

"Une année dans la peau de Grégory Bourillon" (ou l'itinéraire d'un enfant pas comme les autres)


Chapitre 7 : Shakespeare in loose

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C’était une triste journée d’octobre, une de ces journées trop longue où on ne sait pas trop si c’est l’automne qui se termine ou l’hiver qui commence, mais qui quoi qu’il en soit n’augure rien de bon pour la suite. Il était 15h environ, le ciel était gris, une bruine froide venait de figer l’horizon, signifiant à la nature qu’il était maintenant temps pour elle d’entrer définitivement en hibernation. Grégory était dans sa chambre, allongé sur son lit, la télé allumée. La chaleur du radiateur lui réchauffait bien les pieds, mais son cœur était engourdi. Cela faisait plus de 15 jours que Farida l’avait violemment rejeté, et il avait un mal fou à se remettre de cette terrible désillusion. Pendant tout ce temps où il avait dû resté alité, il avait passé des heures et des heures à ressasser dans sa tête les images de ce moment cruel où, aveuglé par un ardent désir charnel, il n’avait pas pris conscience qu’il faisait fausse route. Peut-être que Farida n’était qu’un leurre. Peut-être que la femme faite pour lui ne s’était pas encore présentée sur son chemin. Peut-être même n’existait-elle pas. Et si, en fait, était-il fait pour être seul à jamais... ? Allongé sur son lit, la télé allumée, bloqué chez lui à cause de la grippe A qui avait sévi parmi ses coéquipiers, Grégory déprimait.

Sur l’écran, des images plus ineptes les unes que les autres défilaient. Grégory zappait de documentaires inintéressants en téléfilms soporifiques, le tout entrecoupé de publicités abrutissantes. Ici, un reportage de Patrice Carmouze sur les litières pour chats écologiques. Là, un spot pour le nouvel album de Diam’s intitulé « Diam’s chante Thierry Hazard », avec inclus le titre « Le Jerk c’est d’la boulette ». Rien de bien folichon. Seul un épisode des Pokémon avait suscité un petit intérêt, mais c’était une rediffusion d’un épisode qu’il avait déjà vu vingt fois, donc il avait zappé aussi. Il s’ennuyait.

Alors il se leva de son lit, sortit de sa chambre, et descendit les escaliers avec dans l’idée d’aller dans la cuisine pour prendre un Kinder Pingui dans le frigo. Il passa devant la bibliothèque de ses parents et, sans savoir pourquoi, s’arrêta devant. Il se rendit compte que ça faisait des années qu’il passait tous les jours devant cette bibliothèque, mais sans y avoir jamais prêté attention. Elle avait toujours été là, avec ses étagères tapissées de plus d’une centaine de livres qu’il n’avait jamais regardé. A force de la voir il en avait presque oublié sa présence, comme quand au bout d’un temps on ne remarque même plus les motifs du papier peint qui recouvre un mur. « Ou comme quand on ne fait plus gaffe aux pellicules sur la veste noire de Robin Leproux », pensa Grégory. Il ouvrit une des portes vitrées de la bibliothèque, et prit un livre au hasard. C’était un vieux livre, à la couverture en cuir rougeâtre, toute usée et poussiéreuse, on aurait dit la peau du visage de Loulou Nicollin. Le titre était : « Je sens des pieds, mais je marche en tongs quand même», par le Docteur W. Kamakita. Perplexe, Grégory lut les premières lignes. Mais, rapidement, ce qui n’était que de la simple curiosité devint une vraie révélation. Au bout de quelques pages, Grégory comprit que ce livre n’était rien de moins qu’une véritable ode libertaire à destination des personnes médiocres, comme lui. Il expliquait que même les loosers aux cheveux gras, pas très futés et sentant fort des pieds avaient le droit de revendiquer une existence heureuse, libérée, en tongs. Il emmena le livre dans sa chambre, et se mit à le dévorer. Les chapitres défilaient les uns après les autres : il resta ébaubi devant la justesse du chapitre 2, intitulé « Nullissime, et alors ? » ; fut véritablement estomaqué par la puissance du chapitre 4 « Che Guevara aussi avait du cérumen », et la prise de conscience fut totale après le chapitre 7 « La défaite, c’est dans ta tête (et un peu dans ton cul) ».

Grégory termina les dernières pages peu avant d’aller se coucher, mais il n’arriva pas tout de suite à s’endormir. Il repensait à tous les précieux conseils que ce livre lui avait donnés, toutes ces leçons qu’il lui avait inculquées. Puis il ferma les yeux, serra fort son doudou dans ses bras et se dit qu’à partir de maintenant, les choses allaient changer. Sa vie allait changer. A partir d’aujourd’hui, c’était fini, il ne serait plus la risée de l’équipe, plus personne ne devrait se moquer de lui.

 

Bientôt dans les Bacs, la BO du livre "Je sens des pieds, mais je marche en tongs quand même" produit par les Studios Bourillon Music & Co.

Deux jours plus tard, pour la reprise de l’entraînement, Grégory arriva en retard au Camp des Loges. Pas qu’il ait eu un empêchement, mais il avait décidé qu’aujourd’hui il arriverait en retard en prétextant que le bus était passé devant lui sans s’arrêter, comme ça arrive tout le temps aux perdants. Bon, en vrai sa maman l’avait amené en voiture comme d’habitude donc il était arrivé à l’heure, mais du coup il s’était planqué dix minutes derrière un buisson. Il avait mis une casquette « Raymond Poulidor », mais à l’envers, pour faire comme Richard Gasquet, qui était ce que Grégory avait considéré comme le plus gros des loosers qu’il connaissait. Il avait aussi un T-Shirt de Kung-Fu Panda, parce que le panda dans Kung-Fu Panda il s’était trop révolté contre tous ceux qui voulaient pas qu’il fasse du Kung-Fu parce qu’il était trop nul, donc c’était la nouvelle idole de Grégory. Et au pied, il avait mis ses chaussons. Oui, en fait il avait voulu mettre des tongs à la base, mais comme il les avait oubliés chez sa Mémé, il avait mis ses chaussons.

Arrivé sur le terrain d’entraînement, Grégory s’avança vers Antoine pour lui sortir son excuse que il était en retard à cause du bus. Antoine le dévisagea :

« Qu’est-ce qu’il y a ? » lui demanda-t-il.

« Bah, je viens vous dire que je suis arrivé en retard. » répondit Grégory.

« Ah, t’étais pas là depuis le début ? » fit Antoine en froncent les sourcils. « ‘Scuse, j’avais pas remarqué. J’me disais aussi que ça jouait vachement bien aujourd’hui… Bon bah vas-y, vas sur le terrain».

Grégory fut assez contrarié de ne pas avoir pu faire son petit effet. Puis, Antoine lança un match d’entraînement. Une équipe rouge composée des titulaires, contre une équipe bleue composée des remplaçants. « Des boulets ! » cria quelqu’un, que personne ne put identifier. Antoine donna donc une chasuble bleue à Grégory, et une autre à Sammy Traoré.

« Pourquoi je devrais jouer avec les remplaçants ? » demanda Sammy. « En plus y’a que Mamadou Sakho comme vrai défenseur dans l’équipe adverse. ».

« De ce que je vois ici, c’est le seul vrai défenseur tout court. » répondit Antoine.

Le match commença, d’un côté il y avait Mamadou Sakho, Jérémy Clément, Stéphane Sessegnon et Mevlut Erding, et de l’autre côté on retrouvait les 25 autres joueurs de l’effectif professionnel du PSG, renforcé par la CFA, les – de 17 ans, et les féminines. « Ca devrait être équilibré, comme ça » avait déclaré Antoine.

A la 25ème minute, alors que les rouges avaient creusé l’écart en marquant un 4ème but, Grégory toucha le ballon pour la première fois du match. Il passa du tibia le ballon à Sammy qui tenta un contrôle, mais le ballon ricocha sur son genou et partit sur la gauche du terrain. Jérémy Clément trottina vers le ballon, et prit de vitesse tout le milieu de terrain adverse. Sammy et Grégory se ruèrent alors vers le ballon, mais il se prirent les jambes l’un dans l’autre et se retrouvèrent tous les deux la tête dans le gazon. Jérémy Clément récupéra la balle et marqua dans le but vide.

Antoine siffla, et entra sur le terrain. « Bon, ça va pas le faire là… Les bleus, déjà j’aimerais bien que y’ait pas la moitié d’entre vous qui soient par terre en train de rire à cause des protége-tibias Winnie l’Ourson de Grégory ». Peggy Luyindula se releva, reprit sa respiration, et fit une remarque : « Bah oui coach, mais avec Sammy et Grégory on n’a aucune chance de gagner de toute façon ». Ludovic Giuly reprit « C’est vrai ça, c’est pas moi qui vais le faire le boulot défensif quand même ? ». Un brouhaha s’ensuivit ou les bleus, à l’unanimité, décrétaient que c’était pas la peine de continuer tant que Grégory et Sammy seraient sur le terrain. Antoine, conscient du problème, essayait de les raisonner : ils faisaient partie du groupe, ils devaient s’entraîner avec les autres. Les bleus n’étaient pas d’accord, ils étaient trop nuls, c’était de la triche de la part des rouges. Antoine ne voulait pas céder. Les bleus insistaient : il fallait les exclure du groupe, tant pis si Grégory allait pleurer. C’est alors que Grégory intervint :

« Oui, nous sommes des tocards ! » lança-t-il à l’auditoire stupéfait.

« Héhoo, parle pour toi » dit Sammy à voix basse.

« Non Sammy, non. Ne renie pas ta condition : nous sommes des tocards. Et il faut l’assumer. Mais nous jouerons ! Car quoi, un tocard n'a-t-il pas des yeux ? Un tocard n'a-t-il pas des mains, des organes, des proportions, des sens, des affections, des passions ? N'est-il pas nourri de la même nourriture, blessé des mêmes armes, sujet aux mêmes maladies, guéri par les mêmes moyens, échauffé et refroidi par le même été et par le même hiver que les cadors ? Si vous nous piquez, est-ce que nous ne saignons pas ? Si vous nous chatouillez, est-ce que nous ne rions pas ? Si vous nous empoisonnez, est-ce que nous ne mourons pas ? Et si vous nous outragez, est-ce que nous ne nous vengerons pas ? Si nous sommes comme vous du reste, nous vous ressemblerons aussi en cela. »

Tout le monde était bouche bée. Les joueurs du PSG se regardaient, à la fois circonspects mais admiratifs du courage dont faisait preuve Grégory. Il enchaîna :

« Car quand un cador est outragé par un tocard, où met-il sont humilité ? A se venger ! Et quand un tocard est outragé par un cador, où doit-il, d'après l'exemple, mettre sa patience ? Eh bien, à se venger ! La perfidie que vous m'enseignez, je la pratiquerai, et j'aurai du malheur, si je ne surpasse pas mes maîtres ! »

Les têtes étaient maintenant toutes baissées, prenant conscience qu’effectivement, sur ce coup là, ils avaient peut-être été trop loin. Mais c’est alors que la voix de Grégory Coupet se fit entendre :

« Mais qu’est-ce qu’elle nous fait la gaufrette, là ? C’est quoi cette révolte à deux balles, c’est qui qui les gagne les matchs, hein ? Qui se prend des crampons dans les genoux, des coups de coude dans la tronche ? C’est nous ! Et pourquoi c’est nous ? Parce que vous êtes des incapables ! Alors maintenant tu la fermes, et tu gicles ! ».

Grégory, sentant qu’il allait se mettre à pleurer, s’écarta du groupe et rentra aux vestiaires. Antoine fit une remontrance à Grégory Coupet mais décida que, quand même, le petit Bourillon n’avait pas totalement tort. Même si lui et Sammy était vraiment très mauvais, ils devaient participer.

Aussi, lors des deux matchs suivants contre Sochaux et Nice, c’est Sammy Traoré qui allait être titularisé en défense. Grégory ne joua lui que quelques minutes parce que bon, fallait pas déconner non plus. Et Grégory Coupet de faire ses excuses à Sammy et Grégory à la fin du match contre Nice, en reconnaissant que finalement, peut-être bien que certains autres membres du groupe étaient pas mal pourris eux aussi (les regards se braquèrent alors sur Sylvain Armand).

Et c’est ainsi que, à la veille d’une nouvelle trêve internationale, le calme était revenu au Paris Saint-Germain. Les défaites succédaient aux matchs nuls, qui succédaient aux défaites, qui succédaient à quelques victoires improbables. Des cadors côtoyaient des mauvais, des mauvais côtoyaient des tocards, le tout encadré par un entraîneur qui commençait à déprimer sérieusement. Grégory était heureux, enfin fier de pouvoir revendiquer haut et fort sa nullité sans que cela ne choque qui que ce soit. « Aaaaah », se disait-il. « Qu’est-ce qu’on est bien au PSG ! ».

Par Pr Nico Lestairol & Dr Georges Cloonesque - Publié dans : Niais visage for men
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Mercredi 11 novembre 2009

"Une année dans la peau de Grégory Bourillon" (ou l'itinéraire d'un enfant pas comme les autres)


Chapitre 6 : Du Grégorififi à Paname

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Aimeeer
C’est ce qu’il y a de plus beauuu
Aimeeer
C’est monter si hauuut
Et toucher les ailes des oiseauuux
Aimer....


Aaaah, l'Amour... quoi de plus émouvant que les premiers émois d’une jeunesse insouciante ? Quoi de plus attendrissant que les érections matinales d'un adolescent pré-pubère pensant à sa bien-aimée dés le réveil ?

Ce matin encore, Grégory se réveilla en sueur, pris le paquet de Kleenex posé sur sa table de chevet, et essuya ses draps. Ce matin encore, il commençait sa journée en pensant à la fille dont il était tombé follement amoureux la semaine dernière, en cette douce soirée d’automne. Ce matin encore, son cœur était noué de savoir qu’il allait probablement être rejeté comme une merde par celle qui hantait ses jours et ses nuits. « Et merde, j'en ai encore foutu partout... bon allez, à la douche » se dit-il.

Mais, tandis qu’il se shampouinait avec du P’tit Dop qui ne piquait pas les yeux et évitait les nœuds, il repensait à la première fois qu’il avait vu sa dulcinée. C’était il y a 5 jours, après s’être encore fait engueuler par Antoine parce qu’il mangeait des Dragibus au lieu de se concentrer sur la séance vidéo. Il était sorti de la salle de projection, et errait dans le Camp des Loges. Au loin, sur un des terrains en stabilisé, les filles du PSG était en train de faire un toro. Il s’était approché, et là, un éclair avait parcouru son cœur.

Farida El-Kourkari était défenseuse centrale dans l’équipe féminine des moins de 17 ans du PSG. C’était un joli brin de fille aux grands yeux noirs comme la nuit, et aux longs cheveux noirs comme la nuit aussi, sauf que la nuit des cheveux était encore plus noire que la nuit des yeux. Du haut de ses 95 kilos toute chaussée de ses crampons de 18 aiguisés, elle venait de tacler à l’omoplate une de ses coéquipières qui s’en était sortie miraculeusement avec seulement une fracture des cervicales. Une telle fougue, une telle rage de vaincre dans un corps aussi harmonieux : il n’en avait pas fallu plus pour que Grégory tomba complètement love. Il se renseigna un peu et apprit qu’elle était la nouvelle recrue, toute droit sortie du centre de formation d’Aubervilliers. Et en effet, le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle n’avait pas sa langue dans la poche : « Vazy lâche moi grosse merde, va » était son leitmotiv vis-à-vis de Grégory depuis qu’il avait tenté une approche qui s’était soldé par un cuisant échec.


 

                                                                 Une photo de Farida El-Kourkari, au petit-déjeuner


Une fois douché, Grégory prit la direction du centre d’entraînement. Presque inconsciemment, il se dirigea vers les terrains en stabilisé du fond, pour voir l’élue de son cœur à l’œuvre. Elle était là, en train de s’étirer les tibias en les frappant sur les poteaux de la main courante. Il lui adressa courageusement un « Bonjour Farida ». Un « Kestuveutoi, baltringue ?» lui arriva comme seule réponse, tandis qu’elle se mettait à jongler avec des médecine ball. Malgré ce nouveau gros bâche dans sa gueule, Grégory n’en démordait pas : c’était elle, et personne d’autre. Mais comment lui faire prendre conscience qu’ils étaient fait pour être ensemble ? Comment la convaincre d’accepter ne serait-ce qu’une petite barbe-à-papa après un petit tour de manège ? Comment faire pour que cette altière personne daigne poser autre chose que ses crampons sur lui ?

Un peu en galère d’idée, il décida d’envoyer « poème » au 81313, des fois que ça l’aide. Et il ne fut pas déçu. Il reçut quelques minutes plus tard une magnifique ode à sa Shéhérazade du neuf-trois :

« Tu me fais tourner la tête
Mon Rothen à moi, c’est toi
Tu n’es pour moi qu’une lettre
Comme ce point que j’aimerai atteindre chez toi. »

Cela laissa Grégory dubitatif, et il décida finalement de tenter sa chance sans l’aide de SMS. Il retourna sur le bord du terrain, Farida venait de tuer une vache qui broutait tranquillement dans le pré d’à côté sur un dégagement mal contrôlé. Il prit une grande inspiration : « Farida, euh… est-ce que tu voudrais… euh enfin, je me demandais si...»
Elle le coupa net : « Bon, c’est bon, tu m’saoules toi, tu me diras ça quand on sortira du centre, bouffon ». Grégory n’en crût pas ses oreilles. Elle acceptait de lui parler !!

Il attendit alors sagement la fin de l’entraînement des filles. Elles sortirent une à une des vestiaires. Le cœur de Grégory battait la chamakh comme jamais. Farida arriva : « Tiens, porte moi ça, c’est mes haltères » dit-elle en lui jetant dans les bras un gros sac de sport pesant bien son quintal. Grégory n’en revenait pas : ce sac, empli d’une odeur de sueur qui pour ses narines était l’équivalent d’un nectar aphrodisiaque, était bien à elle. Et il le portait dans ses bras… Les lèvres glossys de Farida s’écartèrent alors doucement, et de sa voix chaude comme le sable du désert, elle parla : « Bon, vazy crevard, t’as quelque chose à me dire apparemment ? ». Grégory voulut lui dire à quel point il la trouvait belle, à quelle point il la désirait. Mais, tétanisé par la timidité et l’émotion, et à son grand désarroi, il ne put piper mot. « Bon, t’es vraiment chelou toi… Allez, j’me casse ».

Grégory la regarda s’éloigner sur sa 125 ; les larmes lui montèrent aux yeux. Il prit le chemin des vestiaires des garçons.

Dans les vestiaires, la majorité de ses coéquipiers étaient déjà là. Ils virent tout de suite que quelque chose n’allait pas chez Grégory.

- « Bah alors Grégory, qu’est-ce qu’il se passe ? » demanda Ludovic.
- « Bah ouai, t’en fais une tête… » reprit Claude.
- « C’est Farida… elle m’a encore mis un vent… » murmura Grégory.

Ludovic prit Grégory par les épaules, et l’amena dans un coin pour parler tranquillement. Ludovic dit : « Ecoute, crois-en mon expérience, les meufs ce qui les fait craquer c’est les textos romantiques. Moi j’le fais souvent, ça marche à chaque coup. Vas-y envoies lui un truc là, maintenant, tu verras ».

Grégory n’était pas très sur, mais il s’exécuta, ne voulant pas lâcher l’affaire aussi rapidement. Faut dire qu’il n’était toujours pas déniaisé, et à son âge cette virginité commençait à lui triturer fortement le slibard. Il réfléchit bien, et se lança dans l’écriture d’un texto ultra-romantique. Si elle avait accepté de lui parler tout à l’heure, ça voulait dire qu’il y avait moyen. Plein d’espoir, il envoya : « T’es trop ma bien-aimée. Je te kiffe comme je kiffe faire un double-contact. Tu es comme un Ballon d’Or, sauf qu’en vrai t’es une fille »... Bon, ça rimait pas du tout, mais il s’en foutait. L’important était qu’il avait osé. Cinq minutes plus tard, il reçut une réponse : « MDR ! C’est ça ouai, j’préfèrerais encore sortir avec Daniel Moreira »... Stupeur. Désillusion. Ce coup bas l’acheva. Il se retrouva instantanément plus bas que terre. Et oui, des fois, la lueur au bout du tunnel, en fait c’est le train.

Peu après, voyant Grégory complètement effondré, Claude s’approcha. Il le consola, lui dit des mots réconfortants. Il lui donna lui aussi des conseils.

- « Nan mais pourquoi t’as écouté Ludo aussi… Ecoute plutôt un vieux briscard comme moi. T’as vue Noémie Lenoir ? T’as vu la bombasse ? Et bien trop easy j’me la suis faite. »
- « C’est vrai qu’elle était jolie… » répondit Grégory.
- « Déjà, il y a quelque chose d’important. Et ça, les filles te l’avoueront jamais, mais c’est même le plus important : la taille. Quelle taille tu fais toi Grégory ? »
- « 1 mètre 87.»
Claude regarda alors Grégory avec stupéfaction.
- « Et beh… Respect mon frère…. Bon bah t’inquiètes pas, ça devrait le faire là… »
- « Ah bon ? » demanda Grégory
- « Ah ouai, là j’te jure c’est bon. Ecoute mec t’as juste à aller lui parler, la faire rire un peu, et faire en sorte qu’elle se frotte vite fait à toi. Et c’est dans la poche, garanti ».

 

 

                                                   En Suéde, le football féminin est une religion. On comprend pourquoi.

 


Grégory n’avait pas tout saisi, mais le fait est qu’il était complètement rassuré. Le lendemain, rempli de confiance en lui grâce à ce que lui avait dit Claude, il irait faire rire Farida et la frotter un peu.

Le lendemain, donc, Grégory faisait le pied de grue devant le vestiaire des filles. Il avait bien réfléchi à ce qu’il allait lui dire, il allait la pécho ça allait pas faire un pli. Quand elle sortit, il avança vers elle d’une démarche chaloupée et lança : « Hey poulette, ça roulotte ? ». Farida fronça ses épais sourcils et marmonna : « Mais kesk’il me fait lui encore… ? ».
Grégory engagea la conversation. Il lui parla de ses DVD de Dora l’Exploratrice, de sa mamie en Bretagne, de sa passion pour les Pokemon. Farida n’avait pas l’air emballée. C’était le moment de la faire rire :

- « Sinon, j’ai appris qu’en fait tu venais du Yémen ? » demanda-t-il
- « Ouai, ouai… »
- « Et tu sais c’est quoi le pays le plus cool du monde ? »
- « Non, je sais pas… »
- «C’est le Yeaaaah, man.»

Farida, comme tous les lecteurs de cette saga, fut consternée par le niveau affligeant de cette blague. Sa tentative d’humour était clairement tombée à l’eau. Tentant le tout pour le tout, Grégory la prit par la taille -enfin… le ventre; enfin… les abdominaux surdéveloppés-, et se frotta à elle. Ni une ni deux elle lui fit un ashi-guruma enchaîné par un hane-gohi, qui mirent Grégory par terre. « Ça va pas non !! La prochaine fois que tu m’fais ça j’te bute direct, j’te préviens ! ».

Une heure plus tard, Grégory était sur un lit d’hôpital, se tordant de douleur. Les médecins diagnostiquèrent une sciatique sévère doublée d’un arrachement du tendon rotulien. Trois semaines d’indisponibilité. Trois semaines pour élaborer un plan. Dans trois semaines, elle serait sienne. Peut-être…

Par Pr Nico Lestairol & Dr Georges Cloonesque - Publié dans : Niais visage for men
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