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- « Mais c’est pas possible, ça ! Mais qui c’est qui m’a foutu un ahuri pareil ? ».
Grégory Bourillon sortit son nez du gazon, et se releva.
- « Qu’est- ce que tu nous as fait là, encore ? ».
Grégory n’osa même pas regarder Antoine dans les yeux. Il bafouilla : « C’est… C’est pas ma faute… C’est mon doudou, il est tombé de ma poche, et j’ai marché dessus ».
- « Ton doud… ?? Tu t’fous de moi ! On peut savoir ce que tu fais avec ton doudou pendant une mise en place tactique ??! ».
Grégory ne répondit pas. Il sentit qu’il valait mieux se taire, surtout que s’il essayait d’expliquer, il aurait sûrement eu à se justifier d’avoir aussi son doudou Pikachu sur lui, même pendant les matchs.
- « Bon, laissez tomber… On fait une pause ». Antoine souffla un bon coup, et se dirigea vers le bord du terrain pour appeler le médecin du club.
- « Hé toubib ! Il revient quand Zoumana ? Je vais pas tenir 3 semaines avec des bras cassés pareil moi ».
- « Ouhlaa, c’est trop tôt pour le dire » répondit le médecin. « Ca le lançait la semaine dernière, puis ensuite ça allait mieux, mais là ça le relance de nouveau, c’est pas très beau à voir ».
- « Ok. Donc même sur un lit d’hôpital il relance mal, lui. Et bah on n’est pas rendu… ».
Antoine avait à peine fini sa phrase que Sammy Traoré arriva près des deux hommes :
- « Dites coach, pourquoi c’est pas moi qui jouerait à la place de Zoumana ?»
- « Parce que t’es nul à chier. Une autre question ? »
- « Euuuh, là, non… »
- « Ok, bah tu dégages maintenant ».
Sammy Traoré s’en alla, penaud. Le médecin du club était circonspect devant une telle attitude, lui qui avait connu Luis Fernandez, Vahid Hallilhodzic et Guy Lacombe, jamais il n’avais vu un entraîneur qui semblait aussi déboussolé face aux événements.
- « Qu’est-ce qu’il se passe Antoine ? Ca va pas avec les remplaçants de Zoumana ? ».
- « Oh bah si si, très bien. C’est merveilleux même, je pensais que dans le Nord-Pas-de-Calais j’avais tout vu niveau attardés mentaux, et ben finalement non. Je suis agréablement surpris ».
- « Vous taquinez là… »
- « Je taquine ? Attendez, on m’avait dit en arrivant ici que j’avais une défense de niveau européen, résultat je me retrouve à devoir fa ire un choix entre Peter Pan et le sosie black de Ramzy Bédia. Je fais quoi moi avec ça ? ».
- « Oui, bon, pour Traoré, je dis pas, c’est vrai qu’il est bien comique. Mais Bourillon ça va, non ? En tout cas les tests physiques étaient bons, et il déterre pas les taupes dans le gazon à chaque dégagement.»
- « Oui, mais c’est pas ça le problème avec lui… Lui il est… bizarre quoi. »
- « Comment ça bizarre ? »
- « Regardez, je vais vous montrer. Grégory, viens ici s’il te plait ! »
Grégory avança vers Antoine et le médecin, rassuré que son doudou Pikachu n’ait pas trop souffert en tombant par terre.
- « Dis-moi Grégory, qu’est-ce que tu vas fai… arrête de sucer ton pouce Grégory s’il te plait, c’est pénible.- Dis-moi, qu’est-ce que tu vas faire ce soir ? »
- « Et bah je vais rentrer à ma maison, et puis après manger je vais regarder les aventures de Yakari le petit indien, sur Gulli. J’aime bien Yakari, c’est pour ça, et il a un cheval c’est Petit Tonnerre, et il est grand et il saute hauuuuuut, wahouuuuuu !! Et puis y’a un lapin géant aussi qui… »
- « Oui, bon, c’est bon, ta gueule… » - « Vous voyez toubib ? Il est joueur professionnel au PSG, et à la veille d’un match de championnat il reste chez lui devant la télé, au lieu d’aller en boîte pour se mettre une race ».
- « Hmmm, c’est vrai que c’est étrange… Venez, on va dans mon bureau ».
Oui, Grégory a été immortalisé dans un épisode de Yakari
Le médecin du PSG précédait Antoine et Grégory dans le couloir qui menait à son bureau. Le couloir était étroit, froid, impersonnel. Grégory fit remarquer qu’il ressemblait au couloir du vétérinaire où Noisette son hamster avait été pour se faire « endormir », même que ça faisait 7 mois maintenant qu’il dormait et il était toujours pas revenu à la maison. Antoine et le médecin préférèrent ne pas relever la remarque. Ils entrèrent tous ensemble dans le bureau.
- « Bon, on va faire quelques petits tests de base. Tiens Grégory, prend cette feuille et essaie de faire les exercices ».
Le médecin tendit à Grégory un papier contenant plusieurs problèmes à résoudre : aider Picollo à retrouver le chemin de sa maison à travers le labyrinthe, trouver Kiki le koala qui est caché dans les arbres, repérer les 7 erreurs entre les deux cow-boys…
- « Vous êtes sur que c’est adapté comme test psychologique, ça ? » s’interrogea Antoine.
- « Bah oui, c’est ce qu’on donne à tous les footballeurs lors de la traditionnelle visite médicale » répondit le médecin.
- « Ah, bon. Ok… c’est vous le médecin après tout ».
Deux heures plus tard, Grégory rendit sa copie. Il avait réussi sans faute tous les exercices. Le médecin était très impressionné.
- « Il est très intelligent ce garçon, regardez, il a tout bon ! Même le labyrinthe avec Piccolo ! »
- « Mouai… m’en voulez-pas hein, je remets pas en cause, mais j’ai toujours comme un doute là ».
Sur ces mots, on frappa à la porte. Jérôme Rothen entra dans la pièce, le médecin s’avança vers lui.
- « Salut Jérôme. Tu prendras un forfait cheville, comme d’hab’ ? »
- « Non, merci doc’, ça va là. Je suis venu voir le coach ».
- « Pourquoi t’es encore là toi ? » lança Antoine. « Tu devais pas aller à Blackburn ? ».
- « Si bah justement, c’est pour ça que je viens vous voir. Ca va prendre encore un peu de temps, il y a un problème avec mes prétentions salariales ».
- « Ah ouai ? Un problème avec ton niveau de jeu aussi, non ? »
- « Euuuh, je sais pas, peut-être… Rheum, bref… Ah tiens, vous êtes avec Greg’. Pourquoi il est tout rouge et il se roule par terre ? ».
Le médecin se tourna vers Grégory :
- « Oh tiens, il a trouvé les Playmobil. Il est vraiment futé ce garçon ».
- « Mais il s’étouffe là ! » cria Antoine. « Il a avalé un Playmobil ce demeuré, vite, il faut faire quelque chose ! ».
Le médecin se saisit de Grégory, lui appuya fort sur le ventre, et Grégory recracha la coiffe de plumes du Playmobil Chef Indien. En voyant Grégory blanc et traumatisé par cet événement, Antoine prit alors la décision de ne pas le titulariser pour le match du lendemain. « C’est pas comme si il servait vraiment à quelque chose… », dit-il.
Le lendemain, Grégory prit donc place sur le banc. Quelque part ça l’arrangeait, c’est qu’il avait pas trop l’habitude d’être sur la pelouse, face à tous ces gens qui faisaient rien qu’à courir et à se jeter sur lui tout le temps. Il s’installa à sa place habituelle, sortit sa GameBoy, et commença une petite partie de Pokemon Version Emeraude. A peine le temps de finir son combat contre Racaillou que Sammy Traoré était à la bourre contre un manceau, et voilà que Le Mans gagnait 1-0. Antoine avait déjà éclaté 8 bouteilles d’eau contre le mur et latté la tronche à 3 de ses adjoints, quand Mèvloutre (sûrement un Pokemon d’eau venu de Turquie, pensait Grégory) , le nouvel attaquant, égalisa. Un partout à la mi-temps, Grégory alla à reculons dans le vestiaire pour écouter le discours d’Antoine. Pour une fois, ce n’est pas de lui qu’on se moqua. Par contre, le pauvre Sammy Traoré se faisait sacrément gronder : « âne baté », « vieille burne », « pire que Bourillon »… c’était pas très joli joli à entendre.
Au retour des vestiaires, Grégory repris tranquillement sa partie de Pokemon. Il ne vit même pas les 2 derniers buts de son équipe, trop occupé qu’il était de s’entraîner à placer son attaque Choc Mental avec Psykokwak. Au coup de sifflet final, il rangea ses affaires, et sortit attendre sa maman qui était venu le chercher.
- « Alors mon Riri, elle était bien ta semaine ? ».
- « Ca va… j’aime bien la colo quand je peux jouer à la Game Boy ».
Grégory et sa maman sortirent du Parc des Princes. Elle lui dit de ne pas tarder à s’endormir en rentrant, parce que dés lundi une nouvelle semaine commençait : « Je regarde juste un épisode de Yakari, et je vais me coucher ».
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Ici, jeune surfeur, tu apprendras bien plus qu'en lisant ton Visa
Junior ou en piratant sur emule l'Encyclopediae Universalis. Car oui la théorie c'est bien jolie, mais rien ne vaut l'expérience de la vie consignée au chaud dans nos cerveaux d'une
taille Makélélesque.